Conseils aux néo-ruraux

Publié le par dédé

    La saison redémarre, et je vais recommencer à faire "l'office de tourisme de placement". En gros je tente d'appater le chaland par les richesses du pays, pour le transformer en futur voisin. Si la campagne a besoin de bras, la mienne, a besoin de gens. Donc bienvenue au revenants à la campagne : les néo ruraux

Un constat
    En effet, ça se dépeuple grave ici, depuis les années 70 (de 1870 ! ). Rajoutons une guerre de 14 - 18 : dingue le nombre de personne accrochés à leur village mais sur le monument aux morts ! En finale, il y a eu les 30 glorieuses où le travail en ville était simple et facilement embaucheur. Depuis les 80', l'appel du large est toujours présent car ici y'en a même plus, de "présent" (quotidient viable) ou "de présentS" (des personnes).

Qui est le néo rural ?
    Moi d'abord ! En effet, je viens de l'autre côté (plus riche) du département. De plus, j'ai dû moi aussi bouger pour voir ailleurs, ne serait-ce que pour étudier... Et quand tu quitte la Terre, la Terre te quitte !
    Après, nous pouvons repérer deux catégories : ceux qui ont une quelconque attache au local et les parachutés.
    Les premiers c'est généralement famillial : une ancienne maison de famille, un lègue, des vacances à la ferme chez le tonton, un passage des parents durant la Deuxième Guerre Mondiale... Leurs insertions est un peu obligatoire, car ils ont une justification historique.
    On peut y adjoindre ceux pour raison professionnnelle : mutation-punition ou vrai choix de vie, c'est leur job qui les ammène ici. A noter que plus le travail est valorisant, envié et visible, mieux leur insertion est facilité.
    Les parachutés n'ont rien que leur propre (et bonne) volonté pour être ici. On ne saura jamais pourquoi ils sont là mais ils le veulent bien. En effet, c'est dur à imaginer pour un natif, qu'ici c'est le paradis, alors que le paradis serait plus surement la ville, le soleil, le boulot facile ou n'importe quoi mais pas ici...
Quoiqu'il en soit, les deux catégories sont là.

    Période d'arrivé
    Ici aussi, deux possibilités : soit à la retraite ou à la pré-retraite soit dans la vie active, ou du moins la période où l'on est considéré comme actif. Pour les premiers, les deux sources de confort sont recherchés (services en tout genre et accéssibilités pour et vers l'ancien lieu de vie). pour les seconds seuls les nécéssité pour les enfants sont apréciés (école, loisirs, santé), et encore...

Calme et Nature
     Ce sont deux composantes facilement disponible sur notre territoire. Malheureusement elles n'ont pas de définition commune. Ou du moins, les nouveaux en ont parfois une autre conception que les natifs.
    Le calme ici, c'est que tout tourne comme d'habitude. Le Calme pour "d'autres" c'est une muselière sur les cloches, du bétail propre et parqué, des horaires décent de travail, la disparitions des encombrants (ce qu'on nomme ici "tchincaille", à savoir bordel, mais qui peut toujours servir), etc, etc...
    La nature c'est notre gagne pain, notre matière première à exploiter et notre entourage, La Nature c'est pour "d'autres" un sanctuaire, un musé ou un terrain de jeuX personnelS (les jeux) et exclusifS (les jeux).

La valeur des choses
    Après se pose la valeur de ces nouveaux. En effet, ils vont-êtres jaugés par le voisinage avide de nouveauté, mais sur sa défensive dès qu'il y a du ...nouveau ! Alors, quand c'est des nouveaux !
    La première chose commenté c'est l'(les) origine(s). La géographique précède toujours l'origine de l'instalation. Si la deuxième est jugée indéterminable par le natif, il redoublera de prudence et d'observation. Viennent après d'autres considérations ayant toute leur importance surtout si le candidat n'a pas la moyenne à une...

    Après, vient le ticket d'entré.
    Et oui l'accès à une maison, une ruine, un terrain ou une occupation à défaut d'un travail, ça se paye.
    Si c'est un héritage, on ne dit rien malgrès que la famille est envié ce bien gâché depuis plusieurs générations...
    Si c'est un job, vaux mieux qu'il soit visible, important pour la communauté et enviable. Par exemple, vaux mieux être un vétérinaire (un vrai pour les bêtes !) ou une infirmière qu'un travailleur du net ou un ramasseur de plante pour l'aromathérapie (?).
    Si c'est un achat :
- trop élevé : "Sûr, ils se sont fait avoir" mais aussi :  "ils nous volent nos maisons" (Là, se rappeler de qui la vendue !).
- trop peu élevé : "Ils nous volent nos maisons" et aussi "Sûr, ils se sont fait avoir" (Là, se rappeler de qui la acheté...)

L'art de la terre.
    Garder un contact avec la terre est une chose primordiale. Gare, si notre infirmière ne sait pas faire la différence entre une génisse et un broutard. Le top, c'est de savoir domestiquer un jardin avec de belle pomme de terre et des salades 15 jours avant tout le monde. Un partage de surproduction ou de varitétés spéciales, garantie une adoption plus rapide. Attention tout de même, à la surproduction et à ne pas nourrir le pays : ne pas faire le pédant ! De toute façon, la Terre n'aime que les humbles...

Les petit plus perso
    Comme signalé plus haut je me considère (parfois) comme un néo. Ainsi j'ai pu affiner les critère de sélection.
- La bricole et la démerde tout en sachant s'incliner devant le pro ou l'expérience (toujours même en cas de preuve du contraire...)
- Le maintient de ses choix. On dit ou on fait, même mal, mais on s'y tient.
- Posséder deux ou trois expressions patoisantes... Ou du moins savoir les reconnaîtres par un "p'têtre" ou "c'est pas faux" toujours de bon alois.
- Le coup de mains demandé et aussi offert... C'est un peu du paratge. Et rien n'est plus mauvais que de peiner en cachette, car tout ce sait !
- Un bon hiver bien rude que même les natifs en sont éprouvés ! (2004-5 nous fit gagner 5 ans d'ancienneté...)
- molo sur l'investissement associatif. Même si c'est un désert, même si on vous paye, doucement sur la prise de ses pouvoirs en jachère. Et de toutes les manières, rester sourd aux reproches de Monsieur et Madame au Quandiraton
- Le poste clé à saisir (mais que si on vous le demande...) reste définitivement celui de correspondant de presse (bénévole c'est le top de l'investissement intègre).

Mais toujours se rappeler qu'on vous les rappelera    ...vos origines !*

dédé

PS : Nos pharmaciens arrivés vers 1969-1970 sont parfois encore appelés "les chevelus" !





Publié dans MON monde selon MOI

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