Perception ou Encore un jour ce lève...

Publié le par dédé

Petite soirée d'hallu... Mais sans rien prendre...


    Déjà, c'est mon pote Gilles qui me téléphone qu'il passe. Normal entre Angers et Saint Rémy de Provence, faut faire une pause. Moi, j'ai bien taffer à trier mes restes d'affaires encore et encore, et après un voyage à la déchéterie (le 7ème mètre cube ! ), je m'offre une douche chaude. ça sent le samedi soir, un peu la fièvre et un peu moins la sueur... ...c'est bon quand même l'eau chaude ! Bon, Gilles tarde, mais je l'assome par une purée maison et une boutanche de rouge pas dégueu. A ce propos, après 9 mois d'effort je viens de vider ma cave ! ça s'arrose !

    Nous sommes à la bourre pour le concert "Aux Parfums de l'Est". 15 bagnoles devant une salle polyvalente perdue en raze brousse... Mais nous n'avons rien manqué car le premier groupe est plus jazz d'ascenseur que manouche en roulotte. Là, une soif me prend, d'autant plus qu'il faut, là aussi, vider la cave, à ce qu'il paraît. Ce n'est pas que je sois à pied, mais je ne suis pas sur le départ non plus, alors... Le deuxième groupe aura droit à une citation ici tellement le mélange fut bon et surprenant. Tzigzag de Montpellier nous a mélangé une base manouche avec des rytmes de ska, funk, reggae, salsa ou jazz voir même ambiante... Au jour d'après, et ce n'est qu'une piste de travail : dommage que ce dernier point (zeste d'ambiante donc) soit juste abordé en pause respiratoire... Baste, on a remué son popotain et montré ses boots au milieu de quelques fées apparues là par miracle (?). De plus, les vioques râleur du premier rang et de la première partie de concert nous on lâché la grappe pour les derniers morceaux... Le conflit des générations était palpable ce soir là... Quand les derniers spectateur assis sont partis, des djeuns ont exprimé leur satisfaction avec un vocabulaire et des expressions généralement réservés aux forces de l'odre...
    Mais, rendons à César ces rides : ce sont deux vieux aigris qui avaient commencé l'affrontement générationnel. En effet la salle étant en L et la scène à la bisectrice, elle se trouva naturellement coupée en deux. D'un côté le public assis (plutôt des séniors) pouvait être géné par un fond sonore venant des consommateurs (plus jeunes) du bar de l'autre aile... Enfin c'est ce que j'aurais témoigné aux forces de l'ordre si s'en était venus à l'affrontement direct. Mais comme il en manquait encore beaucoup, je n'ai déclaré à moi même qu'un grand sourrire intérieur... Ce point de confrontation fugitif était plus une opposition sur la manière d'appréhender la musique de concert. La perception de la musique, d'un concert. Soit c'est l'écoute de la prestation musicale de musiciens en live, soit c'est l'appréhension d'un événement collectif en direct découlant de la musique comme base et vecteur de transe... Enfin un sociologue le décrirait mieux que moi... Moi, je m'occupais du bar ce soir là...

    Sortie de concert, on passe du ponch tout fini, tout bu, à l'Heineksguègue du punk avec une grosseux cornèt de chataîgnes braisées tombant à point au fond de l'estomac pour pomper un peu. Il est clair qu'on ne peut rentrer dans cet état. Etat d'insatisfaction. Frustré par la musique tellement bonne rare et surprenante mais finie, titillé par l'alcool à défaut de filles (disparues au premier courrant d'air lors de l'ouverture des portes de sortie...), heureux d'être entre deux potes, nous allons nous finir à l'Hacienda... C'est la boîte du blède. Petit blède, mais grande boîte ! L'hallucinate Hacienda !

    L'Hacienda et son spot tournoyant dans le ciel, reléguèe vers le stade de foot nous ouvre grand les bras et la nuit : déjà le parking à bien deux heures de retard... Y'a une finale de foot ou quoi ? Pas dix voitures soit quarante personnes maxi à l'intérieur... Quand on dit que la campagne se désertifie.... A l'entrée on réveille l'ouvreuse, pardon. Oui, on vient se finir ici après le concert pour 8 euro et la conso gratis. 7/8 ans que je n'ai mis les pieds dans une boîte, mais toujours le même niveau sonore... Le couloir est sympatiquement décoré de "lumineux" tirages des gloires locales péniblement tirés de l'imprimante offerte pour 1 euro de plus et l'achat de l'ordi. Je tourne sur la gauche pour rentrer dans le sein des seins : attention ! Et la salle est comble
    Comble de solitude de samedi soir en désert tartare... 4 d'jeuns sur la piste à se photo-portabler de cette super soirée mémorable qui déchire à max. 6 poivrots tentent de pousser le comptoir a coups de bière ou de sky (wisky). Un barman en jogging, deux disk-jockey, et nous deux prèt à partir en courrant complètent le décor ! Puisque nous avons une conso et le temps, on va le prendre...

    Pour en revenir au parking, soit il y a un garage à côté, soit "ils" posent des voiture ici pour attirer le monde, soit le covoiturage n'est pas encore arrivé jusqu'ici... (Soit il y avait une deuxième salle ?!) Dommage, car à bien y regarder, ils sont tous bien imbibés en cette heure matinale (1H30), et les routes par ici réclame un minimum d'assiduité et de concentration.

    Le disk jockey principal nous sort une voix caverneuse genre Bruce (Springteen) et des interventions toute les dix secondes. Ses morceaux issues d'improbables maxi 45 produits entre 1982 et 1996, ne font que la minute nécéssaire à ce qu'on puisse reconnaître le morceau. Et là, boosté par un truc que j'aimerai bien essayer un jour (!), il se mets debout sur les platines et scratch avec son pied. Non content de sont exploit, il se dépend de sa poutre pour se la jouer Jimmy (Hendrix), et détruire encore plus de sons avec ses dents sur ses platines ! Sur le cul que nous sommes ! Les 10 autres du bouclard ne tiquent rien de rien.
    Tout est parfaitement normal : 4 d'jeunes sur la piste qui attendent la bonne dose pour aller se tapper un fossé ou un arbre, 6+2 (nous !) poivreaux au comptoir qui ont proportionnelement autant soif que pas sommeil, un barman en jogging mais qui ne transpire pas à se presser de servir, et un disck jockey en pleine attack de (positiv') crack qui se croit à ibiza devant 100 000 teuffeurs...
    Je ne sais pas si nous nous sommes sentis obligé de lui faire un signe d'admiration (ou d'abomination...), mais ce dernier descent de sa cage-aquarium d'exposition pour nous payer le coup. Là il nous raconte sa perception (décidément) de la musique, (de toutes les musiques, of course), de son passage jusqu'au deuxième niveau (?) à la NouvelleStarsguègue et de son métier de la semaine qui ne s'invente pas : agriculteur bio ! Jonglant avec ses wisky-coca avec autant d'aisance que ces disques, il retourne à la tache pour nous passer parfois plusieurs fois le même morceau d'affilé, des fois qu'on est loupé l'intro, ou mieux, deux fois le même à 10 minutes d'intervales... Bon, il est clair que "j'aime regarder les filles" ou "nine nine lufbanoff", ça fait plaisir à gincher mais deux fois c'est un peu trop pour nos vieux corps et nos oreilles fatiguées... Reste à savoir s'il n'a que 10 skuds pour tenir une soirée ? Quoiqu'il en soit Gilles et moi nous nous lâchons par politesse tout autant que par plaisir décaler et pour profiter de cette intrusion dans la quatrième dimension... J'ai même fini à torse voilpé. Bien qu'un djeuns m'ait battu sur ce coup là, car il s'est mis, tout pareil torse nu, mais sur le billard et en tennis de marque, attention !

    Voilà, ça fait quand même 3 heures que nous sommes là, et nous commençons un peu à le devenir, las... Oui nous avons quand même eu le plaisir d'entendre une chanson sur la 4L pourri de je ne sais qui, et surtout "Affrica" de Rose Lauren version club remix double single en anglais et rayé comme les zèbres que nous étions dans ce troupeau de poneys nains ! Gilles à même eu droit (mais sur sa demande contrairement à son paris engagé avec moi) à son "Allons danser" de Gilbert Montagné. Moi j'ai cru que l'ouvreuse m'a vu, et j'ai cru, moi aussi, la voir... (Le prochaine épisode n'est pas écrit...)

On se rentre.

Petit casse croûte de 4H00 du mat au fromages (Quel saint nectaire fermier ! ).

Sieste jusqu'à midi (même si à 7 heure j'étais réveillé...).

Jeune et con  de Saez : " Encore un jour ce lève... etc... etc...


DD II


PS : je viens de me rappeler qu'un dixseptième VIP faisait parti de la soirée : un cafard a traversé discrétement la piste vers les deux heures...

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